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> Textes autour de « fenêtre »

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Exercice : Chaque élève dit à voix haute ce que le mot « fenêtre » lui inspire. Les mots sont notés au tableau et un texte doit être écrit avec un certain nombre d’entre eux.

Mots : fenêtre, rideau, échappatoire, sauter, s’envoler, paysage, oiseau, espace, liberté, barreaux.

Anatole


J’ouvre le rideau.
L’air se rafraîchit lentement. Un vent de liberté filtre entre les barreaux, éclairant peu à peu ma route nocturne.
Sous l’effet de l’onde glacée, mon esprit s’enflamme, et trouve enfin l’échappatoire.
Le paysage défile sous mes yeux, je saute, je m’envole, et je deviens oiseau, qui part sans un regard sur la voie de l’espace.
La fenêtre est déjà loin derrière moi.

Audrey


Pas de fenêtre, dans cette salle.
Pas d’air, pas de lumière,
Pas de ciel, pas de terre.
L’enfant même semble pâle
Comme si
Tout ce qui peut être beauté,
Tout ce qui est liberté
Et tout ce qui peut être vie
N’avait pas sa place ici.
Tout est sombre. Il est piégé.
Même l’air vient à manquer
Et il n’y a pas de sortie.
Ce lieu est une dimension noire
Sans paysage, une étendue,
Un espace sans aperçu
Et sans aucune échappatoire.

Ewen


D’ici, je ne vois que la lumière. Je sens l’air du matin, j’entends les averses de l’automne, et des pas résonnent aléatoirement. Il n’y a jamais d’oiseaux. Jamais de véhicules sur la route. Ils m’évitent. Cette fenêtre est trop haute pour moi, et pourtant c’est mon échappatoire. Je suis si isolé qu’elle est ma dernière connexion avec la réalité. Mon imagination chauffe. Si je pouvais l’atteindre, je ne sais pas ce que je ferais. Mais je serais assurément déçu. J’imagine un beau fleuve sillonnant vers moi. Je verrai l’Espace, la nuit, rempli d’étoiles brûlantes et pourtant si paisibles. J’imagine surtout la liberté, car c’est le seul concept que je ne connaîtrai plus jamais. Je ne tire jamais le rideau. Je vis au rythme du soleil puis au rythme de la lune.

Je me fie à moi-même plus qu’à ce qui est vraiment derrière cette fenêtre. C’est probablement une cour grise et austère. Si j’arrivais à bien la distinguer à travers les barreaux.

Tomek


Je laissais l’air caresser ma peau. Ah, cet air… Il m’avait manqué. Trop de fois je fus enfermé à l’intérieur. Que cela soit par des barreaux, ou par des rideaux, je n’ai jamais eu l’occasion d’admirer ce paysage en toute liberté, et ce depuis cinq ans. Cinq ans à fuir, courir, sauter, sans jamais s’arrêter pour observer la route. Avant tout ça, cet endroit était pour moi une échappatoire, un espace où l’anxiété s’envolait, tel un oiseau. Jamais, jamais plus je ne regarderai cet endroit par le biais d’une photo, d’un dessin ou d’une image, jamais plus je ne regarderai cet endroit comme au travers d’une fenêtre. Cracovie, je suis de retour.

ducks_ming

Exercice : Chaque élève dit à voix haute les mots qu’il souhaite. Un texte doit être écrit avec.

Mots : canard, lunette, sanglier, coquelicot, sable, tomber.

Le chasseur de temps


Anatole

L’homme abaissa sa lunette, et tourna vers moi son œil unique.
« Le vent est derrière nous. Nous devrions bouger si nous ne voulons pas qu’il nous repère.
— Qu’y a-t-il ? » Il donnait rarement ses raisons.
— Un sanglier. »

Pour une fois c’était clair. Nous nous laissâmes glisser au bas de la dune. Je jetai un dernier regard à l’étendue désolée de sable, puis le suivis dans la caverne.

Je ne pouvais m’empêcher de ressasser ses paroles de l’autre soir, que le désert et les sangliers géants pouvaient être vaincus, et que ce lieu redeviendrait un champ couvert de coquelicots, parsemé de lacs où nageraient les canards.

C’était pure imagination bien sûr. Jamais je n’avais vu un canard de mes yeux. Je chassai ces pensées et suivis l’homme, qui me précédait de son pas boiteux.

Audrey


Le bureau, bien qu’entouré d’une salve de boulettes de papier froissées jetées là par le plus grand des hasards, est propre et bien rangé. Dans un coin, une photo encadrée, deux enfants souriants dans une cour de récréation. L’un est déguisé en canard, l’autre en sanglier. C’est la fête de l’école, et ils sont heureux.

Sur une étagère, à côté de quelques livres poussiéreux et d’un petit tas de sable ramené d’une colonie estivale par un des deux marmots, il y a un étui à lunettes, fermé. Par-dessus, suspendu à un panneau de bois par quelques crochets, il y a un coquelicot fané dont un des pétales rouges ne tient presque plus et tombera bientôt. Enfin, au pied du bureau, une épée en bois, un cache-œil et un tricorne de pirate, avec lesquels le cadet aux cheveux bouclés a sans doute vaincu un grand nombre d’ennemis.

Mais aujourd’hui, les enfants ont grandi, les enfants sont partis.

Et la fête de l’école est bel et bien finie.

Ewen


Je dois vaincre ma peur. Je ne peux en parler à personne. Elle finira par me tuer.

Ce jour-là, j’étais heureux. J’avais eu mon brevet la veille. Les pieds dans le sable, je lisais le dernier Picsou Magazine en profitant du soleil de l’été. Mon copain était parti cueillir des fleurs pour l’anniversaire de son père, et, enfin libérée de toute pression, cette matinée s’annonçait comme mon premier moment paisible de toute l’année.

Mis à part les grains de sable m’attaquant dans le but de rayer les verres de mes lunettes, tout se passait bien. Mais j’aurais dû me douter que le schéma du récit que j’avais passé les derniers mois à apprendre jour et nuit allait me rattraper. L’élément perturbateur m’attendait. Je ne m’en doutais pas.

Lorsque mon ami est revenu, il a laissé tomber ses coquelicots sur le sol. Il avait l’air terrifié, il voulait m’aider, il pensait que je venais de me faire tacler par un lion ou un sanglier, ou que Hugo le gros dur de la classe était venu se venger du sel dans son yaourt, mais non. Je m’étais fait assiéger. Sans raison. J’avais été battu par un clan d’animaux féroces sortis des prairies avoisinantes. J’ai eu la peur de ma vie. Ils m’avaient cassé mes lunettes. Ils m’ont tellement traumatisé que j’ai dû mettre au feu ma collection complète de Picsou Magazine.

Depuis ce jour, j’ai la phobie des canards.

Laure


Ho le vilain petit canard !
Il la connaît bien cette chanson-là.
Quoi de plus naturel que de prendre le départ,
Quand on n’est aimé, ni de sa maman ni de son papa ?
Pourtant ta route, oisillon, n’est pas sans encombre,
Car tu le sais, tu dois vaincre tes vieux démons.
Si tu ne veux pas passer ta vie dans l’ombre,
Tu dois te poser les bonnes questions.
Pourtant, tu ne vois que le sang de la couleur des coquelicots ;
Tu ne vois que les corps que le beau sable abrite ;
Tu as peur de te noyer quand tu vois de l’eau ;
Tu crains de tomber, à courir trop vite.
Pauvre petit canard, qui vit si mal sa vie.
Le moindre sanglier est pour toi monstrueux.
Qu’as-tu fait pour être si plein de mélancolie ?
Si un jour tu découvres le feu,
Sans doute tu te brûleras, car faire autrement tu ne peux
Tu te consumeras sans douleur,
De cela n’aie pas peur.
Tu auras déjà trop été torturé
Pour souffrir encore de ce que l’on peut t’infliger.

Tomek


Du sable tombait de ses cheveux. Ce foutu sanglier l’avait renversé, et il était tombé la tête la première dans le banc de sable. La belle fosse ! Décidément, ce n’est pas aujourd’hui qu’il mangera autre chose que du canard. Remarque, c’est pas spécialement mauvais, mais quand c’est tout ce qu’on mange pendant une semaine, on en a un peu marre. Bon ! Reste à savoir où ce satané sanglier est parti. Il sortit donc sa lunette afin de repérer quelque buisson tremblant que le sanglier aurait pu toucher. Une dizaine de minutes passèrent. Sans rien. Il était prêt à rentrer au camp, quand soudain, deux yeux rouges apparurent dans sa lunette. La trouille de sa vie ! Ce n’était que des coquelicots. Quel imbécile il faisait, vraiment ! Bon, il était temps de rentrer. Juste un dernier coup d’œil dans la lunette et… ah, encore des coquelicots. Eh, mais pourquoi ces coquelicots sentent si mauvais ? Et pourquoi s’approchent-ils ? AH. Zut.

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Exercice : Expliquer à un extraterrestre ce qu’est, au choix, l’amour, une race ou un chat.

Les races de la Terre


Anatole

« Une race ? Comment ça tu ne sais pas ce qu’est une race ! Il n’y a que des gens comme toi là d’où tu viens ? Hum… Ça doit être d’un ennui ! Et puis pas très joli… Enfin non, j’ai rien dit, j’en étais à t’expliquer ce qu’est une race, c’est tous les individus qui ses ressemblent., qui ont des points communs… par exemple, tous les chats (tu vois, l’espèce de boule de poils, là), sont méfiants, arrogants, méprisants, et généralement sadiques… et ressemblent tous à une boule de poils à 4 pattes. Un chat à 5 pattes, on n’appellerait sûrement pas ça un chat… Sauf, peut-être, s’il peut être aimé d’un chat à 4 pattes.

L’amour… oui, l’amour définit aussi les races. Les membres d’une même race peuvent s’aimer, se comprendre, communiquer… bon, oui, les humains ne parlent pas tous la même langue, c’est un bug, depuis une histoire bizarre avec une tour… je me souviens plus. Mais on peut apprendre à parler la langue les uns des autres, alors que personne n’a jamais su parler chat, à part les chats. Donc si on peut s’aimer, se parler… ça forme une espèce, une race. T’as compris ?

Tiens, mais j’y pense… tu comprends ce que je dis ? »

Audrey


« Donc. Une race. Une race, c’est des gens différents qui… Enfin… C’est des groupes d’individus isolés les uns des autres et qui… Quoi ? “Pourquoi ?” Bah parce qu’ils sont pas pareils. En fait, voilà, on va plutôt dire ça : une race, c’est un groupe d’individus qui ont une caractéristique commune et qui… Pardon ? “Quoi comme caractéristique commune ?” Ben, par exemple ils ont la même couleur d’yeux, ils courent vite… On parle plutôt de race chez les animaux, en fait… “C’est quoi ?” Les animaux ? Ben les animaux, c’est des petits machins à plumes, à poils, à pattes, à bec… La différence entre les humains et les animaux, c’est que les humains portent des vêtements, d’accord ? Tiens, par exemple, Dominos, lui, là, c’est un animal. C’est un chat. Ne me demandez pas de quelle race il est, je ne le sais pas. Oh, et puis arrêtez avec vos questions, vous voyez bien que je travaille, là ! … Bon, votre TARDIS est réparé, mais ne le malmenez pas trop. Au revoir, monsieur… Who ? D’accord. Au revoir, monsieur Who. »

Ewen


Il sortait de sa capsule. Je lui sautais dans les bras.
Je l’avais attendu si longtemps. Il avait peuplé mes rêves et il était là, devant moi. Je le lâchais.
« Bonjour, Chloé ; me dit-il.
— Skokluz, Bob ; répondis-je.
— Quelle était la signification de cette accolade, Chloé ?
— Tu ne le sais pas ? C’est le plus beau cadeau d’un être à un autre.
— L’accolade ?
— Non, ce qu’elle signifie. Je t’aime, Bob.
— Tu m’aimes, Chloé ?
— Oui. Depuis le premier jour où tu as pénétré mon esprit.
— Je ne comprends pas.
— Qu’est-ce que tu ne comprends pas ?
— Je ne comprends pas.
— Que je t’aime ?
— Je ne comprends pas ce que tu appelles aimer.
— C’est ce qu’il y a de mieux avec l’amour, Bob. Tu n’as pas à le comprendre.
— Si tu ne le comprends pas, comment sais-tu que tu m’aimes ?
— Je le sais.
— Tu le sais ?
— Je le sais. L’amour ne s’explique pas. Il se vit. Tu vis, Bob. Tu aimes.
— J’aime ?
— Oui, Bob. Tu aimes. Si tu es ici, c’est que tu aimes. Nous interprétons tous l’amour différemment. Les humains, les animaux, les aliens, je ne les connais pas tous, mais je sais qu’ils aiment.
— Tu penses que je peux aimer.
— Oui. Vous pouvez tous aimer. Au fond de vous-même, vous le savez. Vous l’avez toujours su.
— Je ne comprends pas ce que je dois répondre.
— Tu n’as rien à répondre.
— Mais je le sais.
— Tu le sais ?
— Oui. Je t’aime, Chloé.
— Tu vois, Bob. Tu vis. »

Laure


Eh bien tu vois, c’est tout doux, un peu comme du cachemire ! Ha mais j’oubliais que tu n’as jamais touché de cachemire… Bon et bien c’est libre surtout, ça n’obéit à aucune contrainte, surtout quand tu veux lui en donner. Ça vit beaucoup la nuit. Ça peut porter malheur, ou bonheur, et ça peut être tout noir comme ça peut être tout rose à certains instants. En fait ça dépend de chacun, c’est l’estime qu’on devrait avoir de soi, accordé à un ou une autre. Non là tu ne vois pas ? C’est comme s’il y avait une personne que tu voyais beaucoup plus que les autres, simplement car tu la vois même lorsqu’elle n’est pas là. Tu commences à comprendre ? Et bien suppose encore que ces écarts de ton imagination durent longtemps, continuellement, même quand tu dors. Je crois que ça peut t’amener à une idée plus précise. Imagine enfin que ton désir le plus cher, c’est que toi, et toi seul, inspire le même trouble à l’autre. Ça te rend confus. Bon. Alors songe, plus facilement, à ce que tu as éprouvé la première fois que tu as vu un chaton, un désir de le protéger de tout. Comme une chaleur dans la poitrine, mais en tellement plus fort cette fois que ça te brûlerait. Comme si ton cerveau devenait tout tendre, mais tellement plus puissamment qu’il t’en coulerait par les oreilles. Et bien tu pleures ? Voilà alors, tu as compris.

Tomek


lors ça ! C’est comme à l’école, il se moquait déjà de moi sur ça. Mais je vais pas lui faire ce plaisir, j’ai étudié moi môssieur. « C’est quand deux personnes s’aiment, et qu’après elles font un bébé. Ce bébé sort du ventre de la mère, je le sais ça, hein. Et toc ! Prends ça ! » Il avait en effet l’air déconcerté. « Qu’est-ce qu’aimer veut dire ? » Mince vous me posez une colle là. Attendez, je vais chercher le dico et je reviens. Vous pouvez jouer à ma place si vous voulez, hein, lui dis-je en montrant Garry, mon chat et le jeu d’échecs. »

Je suis allé chercher le dictionnaire et quand je suis revenu, Garry l’avait mis en échec. « Alors j’ai la définition si vous voulez : “Aimer, c’est le fait d’apprécier quelqu’un ou quelque chose, vouloir passer du temps ensemble.” Donc c’est de l’amour que je ressens pour ce jeu ? Je le prends avec moi, merci ! »

jurassic_snap

Exercice : Trouver un maximum de mots constitués des lettres de ses noms et prénoms, puis écrire un texte avec.

Vers le soleil levant (1er [et unique] couplet)


Anatole

Mots : aléa, grondant, âne, natal, adoré, détaler, tralala, garde, ogre, dana.

Il se lève un calme matin
Sur mon pays natal
Après quelques poignées de main
Je pars sur mon cheval
C’est le seul ici-bas qui vaille mieux qu’un âne
Et il me guidera bien loin dans la campagne

On me voit détaler
De ma terre adorée
Mais je n’pars pas là-bas
en chantant tralala
Car c’est pour le salut de tout un corps de garde
C’est face aux aléas que je prendrai du grade

Mesurant mes talents
À des ogres grondants
Et courir vers ma gloire et le soleil levant

Audrey


Mots : boutade, yaourt, eau, ordure, batte, outre, bateau, KO, rat, barre, route.

Il avait cru que son père plaisantait. Que ce n’était qu’une boutade dite comme ça, à l’improviste. Que le jour de ses dix-huit ans, il n’aurait pas réellement à partir sur la route, sans autre bagage qu’une batte et une outre pleine d’eau. Il avait juste oublié que son père n’avait pas d’humour.

Sa majorité arrivée, son père lui avait expliqué qu’il s’était occupé de lui pendant près de vingt ans, mais qu’à présent il devait prendre son essor, seul. Qu’il avait également rayé son nom de son testament. Puis, avec un grand sourire, il lui avait dit bonne chance et lui avait claqué la porte au nez.

Il s’était donc trouvé obligé de partir. Il longeait la Marne, un peu perdu et pensif, quand il a senti quelque chose fouillant dans son sac. Il fit volte-face et surprit le voleur. Une seconde plus tard, ce dernier le poussait.

Les aventures de notre jeune ami auraient pu s’achever là, mais ce ne fut pas le cas. Il resta quelques secondes KO. Quand il finit enfin par se réveiller et se redresser, la première chose qu’il vit fut un pot de yaourt vide. Il avait atterri sur le bateau d’ordures qui passait tous les jours sous le pont. Un rat lui jeta un regard torve avant de s’enfuir.

Il décida de prendre la barre, ne voyant que lui sur le pont. Ainsi commença son épopée, que je ne vais pas vous raconter.

Ewen


Mots : Eminem, ne, nez, nem, mère, mer, maire, même, mia, ner(f), zen.

Un matin, en se grattant le nez, Eminem fut traversé d’une pensée : « Cela fait trop longtemps que je n’ai pas vu ma mère ! »

Il décida donc de l’appeler pour fixer un rendez-vous.
« Allo, maman ?
— Ooouuuiiii mmmoooonn chééérriiii ?
— Maman, ça va ?
— Oooooohhhh ooouuiii, jjjeee sssuuuiiis zeeeeen
— Hein ?
— Je suis au Yogaaaaaa… et c’est extraaa, mon petit nem.
— Mais maman, on avait dit que t’arrêtais avec ce surnom.
— Ouuii, pardoon. Dooonnc, que veeuux-tuu ?
— Oh, rien de spécial, ne t’inquiète pas. Je me suis dit que ça serait sympa qu’on se voie.
— Oh oui, on pourrait aller à la mer… Oh ! Attends ! Le professeur, Monsieur Zimmermann, arrive. Parle, parle, parle ! Oh, si tu le voyais… il est bâti comme un charpentier.
— Oh, c’est amusant que tu dises ça ! La nièce de la cousine du beau-frère de mon amie Mia, tu sais, la fille du maire, qui est adorable même si elle me tape un peu sur les nerfs, s’appelle également Zimmermann. Et si je ne me trompe pas, ça veut justement dire charpentier en allem–
— Chut, chut, chut ! Il est parti, c’est bon, tu peux arrêter ton charabia.
— Mais maman je disais que–
— Chut, c’est la fin de la pause, je dois y retourner.
— Pff, OK, bisous maman, je te rappelle.
— À plus petit nem ! »

Tomek


Mots : oyé, Godefroy, mot, roy, fêtes, de, rât, fer, mort.

Dans un tourbillon de poussière, un messager habillé à la mode de Camelot arriva et prononça les mots suivants :
« Oyé, Sire Godefroy, j’ai ici un champêtre mot du Roy Arthur vous invitant dans deux lunes à une fête, où vous ne verrez point de rât et autres gloutonneries, mais croiserez sans aucun doute le fer avec de nombreux adversaires. Les plus vaillants des chevaliers seront choisis par le Roy pour mener à bien la quête du Graal. Soyez prudent chevalier, car si ce chemin vous prenez, la mort sans aucun doute vous croiserez. »

bladerunner_snap

Exercice : Réécrire un fait divers comme, au choix, un commérage de couloir ou un flash info au journal du soir.

Fait divers : Un soir, M et Mme ... partent dîner chez des amis. Ils laissent leurs trois enfants : ..., ... et ... à la maison en leur faisant de nombreuses recommandations. La plus importante est de n’ouvrir absolument à personne. Quand les parents rentrent quelques heures plus tard, ils se rendent compte qu’ils ont oublié leurs clefs. Ils sonnent, ils appellent, mais les enfants réveillés refusent obstinément d’ouvrir la porte et se contentent de lâcher le chien par la porte de derrière. Le chien s’empresse de contourner la maison pour faire la fête à ses maîtres. Les enfants l’appellent, il ne revient pas, effrayés, ils se réfugient alors au dernier étage. Le lendemain, on retrouve les parents endormis avec le chien sur le paillasson.

Commérage de couloir de lycée (technique) (toujours bondés, les couloirs)


Anatole

Seconde,
« Ouais, ils sont relou les parents de René. Il m’a raconté l’autre soir ils lui ont redit tout plein de recommandations avant de partir en soirée.
— René il sort ?
— Non c’est ses parents je te dis.
— Mais genre ils lui ont rabâché quoi si c’est eux qui se barrent ?
— Bah pas ouvrir aux inconnus… les règles de base quoi. Ah non c’est vrai, toi tu connais pas “les règles”. »

Un peu plus loin (Première)
« Mes voijins ils chont chelou. Chette nuit ch'les ai vu ils dormaient avec leur chien.
— Mais ouaich c’est qui ?
— Tu sais, les Chaalor, les parents à Charlotte.
— Sérieux ?
— Mais oui ch'te dis.
— Et toi t’espionnes tes voisins ?
— Non, ch'est juste qu’ils dormaient sur le paillasson, ches… »

« T’as vu Hervé il était trop flippé.
La fin de ce texte, ayant été improvisée au moment de la lecture, relève plus de la performance orale (de mauvaise qualité) que de la rédaction. J’essaie de la restituer approximativement de mémoire (surtout pour un passage marquant à vrai dire).

Hier il faisait la soirée dans sa maisonnée et ses parents ils rentrent, mais ils avaient pas leurs clefs. Et ils avaient demandé de pas ouvrir aux étrangers. Alors eux ils ont toqué, toqué, toqué, jusqu’à ce qu’ils soient toqués, et les gamins effrayés ils sont montés au grenier. Et même le chien après, même, ils l’ont lâché.
— Et alors ?
— Bah le chien il est allé avec ses maîtres, et la porte est restée fermée. Hervé a passé toute la nuit au grenier. Et ce matin, les parents, c’est sur le paillasson qu’on les a retrouvés. »

Commérage de couloir


Audrey

« Tu peux reprendre depuis le début ?
— Oui, oui, oui ! Hier soir, il y a un couple qui est allé dîner chez des amis…
— Où ?
— On s’en fout ! Et donc ils ont laissé leurs trois enfants seuls à la maison…
— Ils pouvaient pas venir avec eux ?
— Qui ?
— Les enfants !
— Mais non ! Je sais pas, ça devait être un truc entre adultes… peu importe : les parents, avant de partir, ont fait deux, trois recommandations à leurs enfants, genre pour pas qu’ils fassent de conneries…
— Ouais, normal…
— Et la plus importante était de n’ouvrir absolument à personne.
— Ah mais je connais !
— Quoi ?
— Le truc que tu me racontes, c’est pas avec un loup qui met sa patte dans de la farine ?
— Mais non ! Tais-toi, arrête de m’interrompre. Donc après leur avoir dit de n’ouvrir à personne, ils vont dîner, tout ça…
— Ouais…
— Et du coup, quand ils reviennent, bah ils réalisent qu’ils ont oublié leurs clefs !
— Ah ouais c’est con ça…
— Et du coup quand ils sonnent…
— Les enfants refusent d’ouvrir, c’est ça ?
— Mais laisse-moi raconter !
— Pardon.
— Donc oui, les enfants refusent absolument d’ouvrir, et ils lâchent le chien sur les parents, mais en ouvrant la porte de derrière, parce qu’ils avaient peur et tout…
— Aïe…
— Mais du coup le chien, c’était ses maîtres, donc il les a reconnus.
— Ouais ?
— Mais les gosses, comme ils rappelaient le chien et qu’il revenait pas, ils ont flippé, ils sont allés se planquer au grenier…
— Et ils sont morts ?
— Quoi ? Mais non ! Et du coup le lendemain matin on a retrouvé les parents…
— Morts ?
— NON ! Endormis. Avec le chien. Sur le paillasson.
— Oh c’est trop con !
— Ouais je sais.
— Bah merci, hein !
— Y’a pas d’quoi…
— Non, mais vraiment, hein, parce que moi, en ce moment, je sais plus du tout quoi raconter aux infos. »

Flash info au journal du soir


Ewen

–c’est ainsi que Nicolas Sarkozy nous sauvera tous.

Merci Michel. Nous nous tournons maintenant vers David pour les faits divers.

Créteil. Préfecture du Val de Marne. Vendredi soir, M. et Mme Dupont-Aignant laissent leurs trois enfants Aristide, Théodore et Anatole seuls dans leur grande maison pour aller passer la soirée chez des collègues. Pour leur sécurité dans ces quartiers… douteux, ils ont l’interdiction d’ouvrir à qui que ce soit. Monsieur et Madame Dupont-Aignant revenus de leur apéro gourmand dans la soirée furent ravis de retrouver l’extérieur de leur belle maison en état, mais se rendirent comptent qu’ils avaient égaré leurs clefs. Et malgré de nombreux essais de leur part, les enfants, élevés comme de bons chrétiens, ne désobéirent pas à leurs consignes. La porte resta fermée. Aristide décida cependant de lâcher Charles, le courageux labrador — nommé ainsi en hommage à leur idole présidentielle — par la porte de derrière pour qu’il aille inspecter l’affaire. Heureux de retrouver ses maîtres, Charles ne répondit pas aux appels des enfants qui, constatant qu’ils avaient perdu le chien, prirent refuge au dernier étage. Pour citer Théodore, « Ben… c’est ballot. »

Quelle fut donc leur surprise de retrouver au bon matin leurs parents sur le paillasson — mais sous Charles.

Un fait divers amusant dans une ville aux ethnies si diverses.

Merci bien, David. On se tourne maintenant vers l’arrivée en masse de terrifiants mu–

Commérage de couloir


Tomek

« Hey, ‘lut, ça va ?
— Ouais ouais, mais attends, tu vas pas croire ce qui est arrivé avec mes cousins hier !
— Ok mais on a contrôle d’espagnol et je veux réviser là, donc grouille toi.
— Donc, tu vois, y’avait ma tante et mon oncle qui sont genre sortis dîner hier tu vois ? Et ils ont genre dit à mes trois ptits cousins d’ouvrir à personne tu vois ?
— Ouais vas y continue mais grouille-toi.
— Ouais et bah genre après avoir dîné ils sont retournés chez eux tu vois ? Mais ils avaient oublié leurs clefs !
— Non mais attends…
— Du coup ils ont sonné OK ? Et genre, mes ptits cousins ils se sont réveillés et ils ont refusé d’ouvrir, du coup mes trois ptits cousins genre ils avaient le chien à ma tante avec eux, eh bah genre ils l’ont lâché sur mon oncle et ma tante !
— Naaan…
— Attends attends, mais genre le chien, il s’appelle Sherlock en fait tu vois, eh bah genre il les a reconnus, il est resté avec eux, et après du coup mes ptits cousins l’ont appelé, mais il revenait pas, du coup ils flippaient quoi tu vois, et ils sont allé se cacher au dernier étage.
— Putain…
— Ouais et attends, parce que du coup le lendemain matin, Martin, c’est mon ptit cousin préféré, il a ouvert la porte, et genre mon oncle ma tante et Sherlock étaient endormis sur le paillasson !
— Mais c’est chaud mec… Ils ont genre pas appelé la police ?
— Arrête, c’est pas le genre de la famille, on picote pas avec les keufs chez nous.
— Ouais mais–
DRRIIING
— Merde, le contrôle d’espagnol… ‘tain tu fais chier… »

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Exercice : Réécrire ce fait divers selon le thème, au choix, « tout et son contraire » ou « métaphore ».

Fait divers : Un soir, M et Mme ... partent dîner chez des amis. Ils laissent leurs trois enfants : ..., ... et ... à la maison en leur faisant de nombreuses recommandations. La plus importante est de n’ouvrir absolument à personne. Quand les parents rentrent quelques heures plus tard, ils se rendent compte qu’ils ont oublié leurs clefs. Ils sonnent, ils appellent, mais les enfants réveillés refusent obstinément d’ouvrir la porte et se contentent de lâcher le chien par la porte de derrière. Le chien s’empresse de contourner la maison pour faire la fête à ses maîtres. Les enfants l’appellent, il ne revient pas, effrayés, ils se réfugient alors au dernier étage. Le lendemain, on retrouve les parents endormis avec le chien sur le paillasson.

Métaphore


Anatole

Alors que les derniers rayons du soleil baignent les arbres du parc, monsieur et madame Cigogne quittent le nid pour la nuit, babillant à leurs trois oisillons de ne laisser pénétrer aucune ombre qui n’eût montré patte blanche.

Mais par cette nuit de fin d’hiver, la moisson étant loin, en rentrant ils ne purent trouver aucun grain.

Et chez eux, les pattes gauches et sans farine, ils trouvèrent une porte close. Le mâle bêla vers ses enfants, mais ceux-ci n’entendirent qu’un cri d’ombre riant.

Ils lâchèrent leur fauve pour s’en défendre.

Mais celui-ci, dompté par les chants des parents, demeura avec eux.

Quand au matin, un oisillon ouvrit, il les trouva endormis.

Tout et son contraire


Audrey

Un soir ma foi fort lumineux, monsieur et madame Fraîchi, un charmant couple divorcé, partent dîner chez des amis. Ils laissent leurs trois enfants, Laurent, Gina et Sarah, à la maison, en leur faisant peu de nombreuses recommandations. La plus importante est de n’ouvrir absolument à personne. Quand les parents rentrent quelques heures plus tard, ils se rendent compte qu’ils ont oublié leurs clefs. Ils sonnent, ils appellent, mais les enfants refusent obstinément d’accepter d’ouvrir la porte. Ils se contentent de lâcher le chien, un immense bichon maltais, par la porte de derrière. Le chien s’empresse lentement de contourner la maison pour faire maussadement la fête à ses maîtres. Les enfants l’appellent, il ne revient pas. Effrayés, ils se réfugient alors au premier des derniers étages. Le lendemain, on trouve les parents endormis avec le chien sur le paillasson.

Tout et son contraire


Ewen

Et maintenant, un fait divers en banlieue parisienne. Une enquête de Julien Godefroy, notre journaliste sur place.

Ce soir là, le soleil brûlait lorsque M. et Mme Michu sortirent par la porte d’entrée à l’arrière de leur grand appartement. Les enfants des voisins, fatigués d’une courte nuit de travail, les ignorèrent d’un bonjour jovial.

Ri, Fi et Lou, restaient comme d’habitude dans le salon pour la première fois à regarder la télévision éteinte pour la première fois de la semaine ce mois-ci. Ils avaient pour interdiction d’apprendre à connaître les inconnus frappant la sonnette. Mais leurs parents, rentrés tôt vers 23 h du matin, avaient heureusement oublié leurs clefs. Leur joie atteint son paroxysme lorsque Ri, Fi et Lou refusèrent d’ouvrir la porte de sortie pour les laisser rentrer, prétextant que leurs parents étaient des inconnus à leurs yeux. C’est Médor, le féroce chihuahua sortant fraîchement de sa séance de toilettage de la semaine dernière, qui fut ravi de voir ses nouveaux disciples. Acceptant d’ignorer les cris silencieux de trois fils qui avaient passé la soirée dans leur chambre, il leur fit peur. Les trois filles décidèrent donc de descendre avec fracas en haut de l’escalier du salon vers le grenier spacieux et lumineux qui surplombait l’appartement austère tel l’Élysée un soir de fête nationale. C’est le lendemain matin vers 15 heures que Hugo et ses deux sœurs découvrirent leurs deux papas endormis sur le canapé dans le jardin à la porte de leur maison.

Métaphore


Laure

Il était un soir, alors que les nuages bordaient la lune d’un édredon bleuté, où la brume s’accrochait aux pas des manants des rues assombries et, comme une malédiction dont on ne se défait pas, la fumée filandreuse semblait former des doigts spectraux sortants de la terre pour y ensevelir les vivants. Ce soir-là donc, M. et Mme Clou partent dîner chez des amis, afin d’y partager le pain et le rire, et d’oublier l’invasion extérieure de la nuit par un bataillon de chandelles vacillantes. Ils laissent ainsi leurs trois enfants à la maison : Zoë, Tarentule et Clytemnestre, après les avoir, bien sûr, bourré de recommandations comme des coussins de plumes d’oie ; ou comme ces mêmes oies de grains afin d’y tirer les meilleurs foies gras possible. Ils insistèrent longuement sur l’interdiction d’ouvrir à qui que ce soit durant l’absence des deux souverains du domaine ; et sur la nécessité criante de cloitrer leur crème de marmots dans la pâte à choux que serait la maison. Mais, à la fin des hostilités, alors que la digne commission revenait des agapes, on se rendit compte du vide béant qui remplissait la poche destinée à garder l’instrument de la liberté : on n’avait pas les clefs, on était enfermés dehors. Ils sonnèrent, ils appelèrent à s’en époumoner, mais personne ne vint leur ouvrir. Plus tôt dans la soirée la marmaille, jouissant à outrance de son indépendance provisoire, avait farfouillé la maison jusqu’à l’étonnante trouvaille de bonbons bleus, du LSD plus précisément. En cette fin de soirée donc, les marmousettes planent complètement, tandis que Tarentule sombre dans une effroyable clarté, Clytemnestre se met à faire éclater les bulles translucides de ses idées déplacées, et Zoë admire les statues danser un tango des plus romancé. Entendant les coups menaçants portés à leur porte, les fillettes prennent peur et décident d’envoyer le chien, Tana, en reconnaissance par la porte de derrière. Tana s’empresse de contourner la maison pour faire à ses maîtres un accueil digne du messie, ou du père Noël. Les enfants le rappellent mais en bon soldat il ne bouge pas d’un poil. Dans leur délire, relevant à présent carrément du bad trip, les filles se cachent sous le lit, persuadées de l’arrivée imminente de Jack l’Éventreur. Le lendemain, on trouva les parents endormis sur le paillasson, enfants de l’aurore et de la mendicité, accompagnés de leur fidèle fox-terrier à la queue frétillante, et l’on se demanda bien comment ils avaient pu arriver là.

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Exercice : Réécrire ce fait divers en s’imposant une contrainte que l’on titrera, à la Queneau.

Fait divers : Un soir, M et Mme ... partent dîner chez des amis. Ils laissent leurs trois enfants : ..., ... et ... à la maison en leur faisant de nombreuses recommandations. La plus importante est de n’ouvrir absolument à personne. Quand les parents rentrent quelques heures plus tard, ils se rendent compte qu’ils ont oublié leurs clefs. Ils sonnent, ils appellent, mais les enfants réveillés refusent obstinément d’ouvrir la porte et se contentent de lâcher le chien par la porte de derrière. Le chien s’empresse de contourner la maison pour faire la fête à ses maîtres. Les enfants l’appellent, il ne revient pas, effrayés, ils se réfugient alors au dernier étage. Le lendemain, on retrouve les parents endormis avec le chien sur le paillasson.

À sec


Audrey

Contrainte : écrire le texte sans avoir recours à la lettre ou au son O

Cela faisait dix ans que William et Hazel étaient mariés quand l’accident est arrivé.

C’était une nuit paisible de septembre. Ils avaient décidé d’aller dîner chez les McDaniels, des amis à eux qui ne manquaient jamais de les inviter. Avant de partir, ils avaient parlé un peu à leurs enfants, Lisa, Hanna et Gubetta, leur expliquant qu’ils ne les amèneraient pas, car les deux jeunes filles et le petit gars avaient acquis la curieuse manie de s’attirer des ennuis. Ils leur récitèrent quelques bagatelles de sécurité, et leur demandèrent finalement de ne pas laisser entrer d’étranger n’ayant pas la clef, dut-il crier et les appeler. Puis, satisfaits, ils laissèrent le chien avec les enfants et filèrent dîner.

Plus tard ils revinrent, légèrement éméchés. Après examen de leurs sacs, vestes et renflements, ils réalisèrent que leurs clefs étaient restées à l’intérieur. La suite est prévisible : le tandem frappa, appela et s’énerva pendant quelques minutes sur le seuil, mais les enfants refusèrent de les laisser entrer. Les vils mécréméchants qui essayaient d’imiter leurs parents étaient très malins, et leurs cris presque parfaits, mais ils étaient plus intelligents qu’eux. Gubetta, qui était le plus fin d’entre eux (en fait il était stupide, mais il faisait bien le chef), eut même l’idée de lâcher le chien sur les méchants afin de les chasser. Le chien, qui ne pigeait rien, fut quand même heureux en apercevant les parents, et leur fit la fête (parce qu’ils étaient bien gentils, les gamins, mais ils ne pensaient jamais à lui faire à manger).

Pendant ce temps, à l’intérieur, Gubetta et ses frangines attendaient que le chien revienne. Le benjamin de la famille perdait de plus en plus ses certitudes. Reprenant l’initiative que se devait de détenir le chef de la famille en l’absence des parents, Gubetta déclara qu’il savait ce qu’il y avait à faire, ce que d’ailleurs les vrais aventuriers faisaient dans ce genre de cas : fuir. Ils se retranchèrent dans le grenier.

Les parents entre-temps avaient fini par dégriser. Ils eurent également une brillante idée, et firent ce que des milliers de parents d’aventuriers avaient fait avant eux : attendre que ça passe en faisant une petite sieste.

C’est ainsi que le lendemain, le facteur Huber, qui était juste venu distribuer les lettres, vit sur le seuil de leur demeure les deux parents affalés avec le chien.

Et il demeura très très perplexe.

L’atelier du père Noël


Ewen

Un soir, le père et la mère noël partirent pour leur brunch annuel chez le père Fouettard en laissant leurs trois lutins Cotillon, Silvestre et Bouboule seuls à l’atelier, leur imposant des règles strictes : pas de fête, ne pas toucher au papier cadeau, et surtout, n’ouvrir à personne (les parents noël craignant une attaque des lutins de main du père Fouettard). Les chers lutins profitèrent de la soirée pour passer les cadeaux à la machine à rayon X que le père Noël avait achetée par précaution après le 11 septembre. Lorsque Papa et Maman Noël rentrèrent en traînant des pieds plus tard ce soir-là, ils se rendirent compte qu’ils avaient oublié le sucre d’orge de la porte d’entrée. Ils frappèrent, hohohèrent, et tentèrent même la cheminée, mais en vain : leurs enfants refusaient de bouger et envoyèrent leur renne Rudolph pour inspecter. Rudolph, reconnaissant ses maîtres, décida de rester auprès d’eux, les éclairant de son nez rouge. Effrayés de ne pas voir Ruru revenir, nos trois lutins trottinèrent jusqu’au grenier pour s’y réfugier. Le lendemain matin au pôle Nord en arrivant au travail, les lutins salariés furent surpris de retrouver devant la porte Rudolph, endormi sur un paillasson composé de ses deux maîtres. Cotillon, Silvestre et Bouboule, eux, avaient trouvé au grenier leurs cadeaux secrets et n’étaient pas près de redescendre.

Monsieur et Madame Troglodyte


Tomek

Tels des écureuils allant chercher à manger avant l’hiver, M. et Mme Troglodyte partirent à la chasse aux noisettes chez des amis. Ils laissèrent leurs trois petits lapreuils seuls sous le tronc de leur arbre, en leur disant de ne bouger les racines intérieures pour personne. Mais M. et Mme Troglodyte avaient, tels des sangliers, oublié leurs défenses. Lorsqu’ils revinrent de leur somptueuse chasse en se dandinant, ils communiquèrent donc leur désarroi à leurs trois rejetons. Têtus comme des ânes, et ne pouvant voir les carottes de leurs parents, ils refusèrent de les laisser entrer dans l’écurie. Pensant être rusés comme des renards, ils lâchèrent Renart, leur animal de compagnie, sur leurs parents. Renart, reconnaissant ses maîtres, ne les dévora pas comme il l’aurait fait avec des poules. Renart ne revenant pas, les trois petits poussins prirent peur et se réfugièrent au dernier étage du poulailler. Leurs parents, désespérés comme des chiens, eurent beau japper jusqu’à en perdre la voix, les chiots étaient hors de portée de jappement. Tels des paresseux, nos marmottes se réveillèrent le lendemain midi et ouvrirent leur barrage en laissant passer l’air pour trouver leurs deux parents et Renart, endormi sur le lit de feuilles.

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Exercice : Écrire un ou plusieurs textes courts qui commencent et finissent de façon phonétiquement similaire.

Audrey


Saint-Maur-des-Fossés est un lieu intéressant et plein de surprises, où parfois, sans qu’on s’y attende, il se passe des trucs. Rien qu’aujourd’hui, pendant que je me balade, je vois qu’une main sort des fourrés.

Le lycée d’Arsonval ainsi que tout le département appartiennent à un lit. Ce lit s’était longtemps battu pour garder le département, car une certaine France voulait le lui voler, mais un jour, le lit céda son Val.

Ewen


Saint-Maur-des-Fossés. Cette petite bourgade d’Île-de-France est le centre du plus grand marché de contrebande de la région. Situé dans un hangar d’Adamville, Pablo dirigeait ces immenses transactions depuis son bureau, lorsqu’il n’écrivait pas son livre « Il voit des radis : une autobiographie ». Ce matin-là, le 1er décembre, était le premier jour de la période la plus lucrative de l’année : la vente de sapins de Noël dérobés au bois de Vincennes. Chaque mois de décembre, les familles riches de La Pie et de La Varenne accouraient de toute part espérant dégoter un de ces rares arbres. Pablo devait se rappeler d’en mettre un de côté pour l’appartement privé de Sylvain Berrios, notre vénéré maire. Sa femme appréciait la sensation du vrai bois.

En ouvrant la tôle qui lui servait de fenêtre, Pablo fit une file d’attente immense le long du hangar. Écharpe flanelle et mocassins étaient rangés le long du trottoir. Descendant, il vérifia la marchandise et mit de côté les sapins abîmés pour les vendre à petit prix aux résidents de Saint-Maur — Créteil. Comme il l’écrit dans son autobiographie, Sapin mort, c’est bradé.

Tomek


« […] Le lycée d’Arsonval.
— Le lycée d’Arsonval ? Non, j’ai entendu dire qu’ils étaient vachement coincés là-bas.
— Ah bon ?
— Ouais, je pense pas que je pourrais faire ce que je veux faire.
— Mais c’est quoi ton truc déjà ? Dessiner de manière un peu bizarre c’est ça ?
— Dessiner, peindre, chanter, on s’en fiche, du moment que c’est de l’art.
— Bah voilà, si tu y vas, tu pourras faire de l’art, tu seras l’investigateur de tout ça !
— Mais tu penses qu’ils accepteront que mon art arrive dans leur lycée ?
— Mais oui, si c’est juste de l’art tout court y a pas de problèmes je te dis.
— Mais ça sera l’arrivée d’un art un peu spécial.
— Spécial ? L’arrivée de quel art ?
— L’arrivée de l’art à poil.

« Ouais, son nom c’est… Go… Godefroy Tomek.
— Ouais et ?
— Non, je disais juste que c’était pas le genre de type à faire ça quoi.
— En même temps, t’en connais beaucoup des types qui feraient ça ?
— Non, c’est vrai, mais lui il le ferait pas, c’est sûr… Fin, quoique, il court vite quand même.
— Bon allez, trêve de bavardage, tu le fais ou pas ?!
— Mais t’as vu ses muscles ?
— Bah oui, s’il était maigrichon ça serait pas drôle.
— N’empêche on dira ce qu’on voudra mais son tatouage “End Gay People” est assez réussi, j’aime beaucoup les petites têtes de mort à côté.
— Arrête d’essayer de fuir, tu le fais ou pas ?
— Et puis ses traits de visage assez crispés ont un peu de charme tout de même…
— Eh oh, tu te fais ou pas ?!
— D’accord, d’accord… Mais t’es derrière moi hein ?
— T’es fou, c’est toi qui as dit que t’étais cap de le faire !
— Bon bah… Heureux de t’avoir connu.
— Attends je sors mon portable.
— Eh, euh, oui enfin non, heu… heu… Cool afro beau mec ! »

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Exercice : Écrire un texte qui se joue de la similarité phonétique entre une expression et notre version de cette dernière.

Audrey


Un homme s’ennuyait. Il avait des anguilles. Il décida de demander à ses enfants de les cacher dans la maison, afin de tester sa rapidité. Il devait en effet retrouver les anguilles avant que celles-ci ne meurent par manque d’eau. Mais la partie n’en valut pas le coup et se termina rapidement, les enfants les ayant mis dans des lieux exposés pour ne pas qu’elles meurent. L’homme était désappointé, car ça avait été trop facile, comme de chercher une anguille dans une botte de chien.

Ewen


C’était un dimanche matin. Avec les copains, on était sorti dans la forêt pour ramasser des petits bouts de nature pour un exposé de SVT. On avait fait une liste, mais comme il pleuvait et qu’on l’avait pas plastifiée elle nous servait pas à grand-chose. Donc on avait chacun nos tâches : Steve c’était l’écorce, les mauvaises herbes et le pissenlit ; Arnaud les orties (parce qu’il était le seul à avoir des gants) et les feuilles de différentes couleurs ; moi l’herbe à chat, un bout de racine et de la mousse. Je suis parti de mon côté et ils ont fait de même. Cette partie de la forêt je la connais comme ma poche. De l’herbe à chat, fait. La mousse, je la prends en dernier parce que c’est pas pratique à transporter. Donc il ne me fallait plus que les racines… mais c’est pas facile ça. J’avais besoin d’un endroit où des racines pas trop épaisses sortent du sol, parce que moi j’ai pas beaucoup de force. Heureusement je visualisais bien l’endroit. J’y suis allé en évitant de glisser sur la boue. Le Graal ! Une magnifique racine se tendait à quelques mètres de moi. Je me suis appliqué à tirer dessus… mais c’est très résistant une racine. Du coup j’ai mis toute ma force dessus, j’ai balancé mon corps en arrière, et… ça lâche. J’ai ma racine, mais je déboule la pente qui était derrière moi. Ça peut paraître étrange, mais en roulant, j’étais quand même content d’avoir ma racine. Jusqu’à ce que j’arrête de rouler évidemment. Ça fait mal. J’appelle Steve et Arnaud. Ils arrivent lentement. Ils me voient et… ils rient.
« Hey, c’est pas marrant !
— Non, mais Pierre, t’es couvert de mousse ! Et on dit que pierre qui roule n’amasse pas mousse ! »

Oh, c’est con. Mais sur le moment, ça m’a fait rire. Mais maintenant, à cause d’un tweet de Steve, j’arrête pas de recevoir le même message de tous mes potes : « Pierre qui roule se casse le pouce ».

Tomek


« Il est parti par là, c’est une impasse mais il peut l’escalader.
— Zut. Le bateau de Charon va bientôt arriver, il faut qu’on se grouille. Allez !
— Il est parti par là, on peut le rattraper.
— Mmh… la nuit tombe. Tu es sûr qu’il vaut le coup ? Il n’avait pas l’air très riche.
— Quoi ? Le Grand Chasseur Valkindosf va laisser s’échapper une proie ?
— Tais-toi si tu tiens à ta langue.
— Allez, viens, on pourra le faire danser près du feu, il nous divertira un temps puis nous l’enverrons aux enfers !
— Bon. Très bien. On se prépare, allez !
— Ouiiii !
— Saloperie de temps, on se les gèle… Hum, mais c’est quoi cette chaleur ? Ça vient de derrière cet arbre… mon dieu, mais c’est… cette porte… mais que fait-elle… de la viande ? Et là, des proies, et là, de la viande. Mais quel est cet endroit ? Et d’où vient cette lueur ? De derrière la porte ? La colline sur laquelle elle se tient n’a pas l’air d’être aménagée… qu’importe, une nouvelle vie m’attend, j’ai enfin trouvé ma place. Hum ? Mais… pourquoi est-ce que la pierre est si froide ? Eh, mais, mais, les proies, la viande, ils s’éloignent, il faut que je passe au travers de la por–
AAAAAAAAH
— Bienvenue à ta place sur ma barque, je suis Charon, et qui part à sa place, perd la chasse. »

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Exercice : Texte sur le modèle « Peut-être que… »

Audrey


Peut-être que sur les routes, tout sera plus vivant.
Peut-être que bientôt reviendra le printemps.
Peut-être qu’ils n’existent pas, mes prétendus talents.
Peut-être que j’irai mieux, demain, dans pas longtemps.
Peut-être que nos cendres s’éparpilleront dans le vent.
Ou peut-être que décembre sera moins froid qu’avant.
Ou peut-être que l’homme vieux regrettera l’enfant.
Ou peut-être que chaque pas m’éloigne du tourment.
Ou peut-être que mes mots reflètent le néant.
Et peut-être que mes doutes n’ont aucun fondement.

Ewen


Peut-être que si les trottinettes avaient des plus grandes roues, dans le monde tout irait mieux.
Peut-être que si on pouvait s’asseoir dessus, je serais plus heureux.
Peut-être que je devrais juste acheter un vélo.

La vie c’est comme une table bancale : c’est pas stable et tous les gens s’en plaignent tout le temps, mais si on met son pied à terre et qu’on se concentre assidûment, on y survit assez facilement.
Peut-être que si on était plus sympa, ça serait plus sympa d’être méchant. Mais peut-être que si on laissait tranquilles les gens ils se sentiraient mieux.
Mais si la vie c’est comme être solitaire dans une forêt de nuit, peut-être qu’il faudrait sortir de son lit, parler, discuter, s’énerver, et s’aimer, et peut-être alors que la vie sera comme plus aboutie.

Tomek


Peut-être que le monde ne tourne pas rond. Il est peut-être carré.
Peut-être que je ne suis pas moi, et que mon moi est sur cette feuille
Peut-être que je n’existe pas sur cette feuille, et qu’elle est en fait dénuée d’identité.
Peut-être que ce texte n’a pas d’auteur.
Peut-être que ce texte ne parle qu’à vous, et vous seulement, et que je n’ai rien à voir avec ce dernier.
Peut-être que vous vous plaquez sur ce texte, et que vous lui donnez une identité.
Peut-être que ce texte ne sera pas lu, et qu’il demeurera inexistant.
Peut-être que ce texte n’a pas besoin de lecteur pour exister, et qu’il transcende le monde physique.
Peut-être que vous n’existez pas, mais que ce texte, lui, existe.
Peut-être que ce texte n’existe pas, mais que vous existez.
Peut-être que ce texte n’a pas besoin d’exister.
Peut-être que ce texte doit exister.
Peut-être que rien n’existe.